Apparaître dans DeepSeek et se faire citer par l’IA
DeepSeek documente bien moins qu’OpenAI, Anthropic ou Google la façon dont il lit le web. Ce qu’il publie, ce que cela permet à une entreprise de faire, et ce qui ne se mesure pas encore.
Publié le 29 septembre 2026
Réponse courte
Apparaître dans DeepSeek dépend de deux voies qui se travaillent séparément : ce que le modèle a appris du web public pendant son entraînement, et ce qu’il trouve quand il fait une recherche pendant la conversation. DeepSeek déclare s’entraîner sur Common Crawl, une archive ouverte du web, et faire fonctionner son mode recherche avec des API de recherche tierces qu’il ne nomme pas. Les leviers dont dispose une entreprise sont donc indirects : laisser entrer le robot de Common Crawl, être bien indexée dans les moteurs de recherche généralistes et se décrire de la même façon partout. Personne ne peut promettre aujourd’hui de résultats attribuables dans ce moteur, et il vaut mieux se méfier de qui le fait.
Qu’appelle-t-on apparaître dans DeepSeek
DéfinitionApparaître dans DeepSeek est le fait que l’assistant de l’entreprise chinoise DeepSeek nomme une marque, la décrive ou la recommande dans une réponse. Ce n’est pas une position dans une liste de résultats, et cela ne s’achète ni ne se demande.
DeepSeek est à la fois un assistant conversationnel, avec son site et son application, et une famille de modèles de langage que tout le monde peut télécharger. L’entreprise qui le développe, Hangzhou DeepSeek Artificial Intelligence, publie les poids de ses modèles : le modèle déjà entraîné, prêt à être installé sur les serveurs d’autrui.
Pour une marque, DeepSeek n’est donc pas un seul endroit où apparaître. C’est l’assistant officiel, et c’est aussi chaque produit d’une autre entreprise qui fait tourner ce même modèle en coulisses, avec des connaissances figées à la date de son entraînement.
Ce que DeepSeek documente sur sa façon de lire le web
DocumentationDeepSeek documente peu, et ce peu tient dans deux textes juridiques : le résumé public des données d’entraînement de DeepSeek-V4 et sa politique de confidentialité. Aucun des deux ne donne le nom de son robot d’exploration, ses adresses IP ni un réglage pensé pour les éditeurs de sites.
Le résumé des données d’entraînement de DeepSeek-V4, le modèle que l’entreprise a mis sur le marché de l’Union européenne le 24 avril 2026, affirme, en anglais, que son robot d’exploration est conçu pour respecter les instructions de robots.txt et les autres protocoles web standard, et qu’il n’est pas prévu pour contourner les captchas, les paywalls ou les contenus protégés par mot de passe. Le même document indique que DeepSeek n’a pas signé le code de bonnes pratiques européen pour les modèles d’IA à usage général.
La politique de confidentialité de DeepSeek, mise à jour le 10 février 2026, règle le mode recherche en une ligne : l’entreprise intègre des API tierces pour fournir ses services de recherche et leur transmet les mots-clés saisis par l’utilisateur. Elle ne dit pas quel moteur se trouve derrière.
Ce qu’un responsable marketing ne trouvera pas dans la documentation de DeepSeek, consultée le 29 septembre 2026 :
- Le nom de l’agent avec lequel il explore le web, pour l’autoriser ou le bloquer à part dans robots.txt.
- Une liste de plages d’adresses IP pour le laisser passer dans le pare-feu.
- Un réglage qui sépare l’entraînement de la recherche, comme ceux que publient OpenAI pour ChatGPT et Google pour Gemini.
- Un rapport destiné aux propriétaires de sites indiquant combien de fois une page apparaît dans ses réponses.
Les deux voies pour apparaître dans DeepSeek et ce qui les distingue
ComparatifDeepSeek répond soit avec ce que son modèle sait déjà, soit avec ce qu’il trouve en cherchant, et chaque voie a sa source, sa date et son levier. Les déploiements tiers n’héritent que de la première.
| Voie | D’où vient l’information | Jusqu’à quelle date | Ce qu’une entreprise peut faire |
|---|---|---|---|
| Connaissances du modèle | Données publiques d’internet, dont Common Crawl et Stack Exchange, plus des données sous licence | Certaines données collectées, approximativement, au plus tard en mai 2025 | Ne pas bloquer CCBot et obtenir que d’autres sites décrivent la marque comme elle se décrit |
| Mode recherche | Résultats d’API de recherche tierces que DeepSeek ne nomme pas | Ce qui est publié et indexé le jour de la question | Être bien indexée dans les moteurs généralistes et répondre en texte à chaque question |
| Déploiements tiers | Les mêmes poids du modèle, installés par une autre entreprise | Celle de l’entraînement du modèle installé | La même chose que pour la première voie : il n’y a rien à activer produit par produit |
L’écart de dates est ce qui prête le plus à confusion. Une page publiée aujourd’hui peut apparaître dans le mode recherche de DeepSeek dès que le moteur qui se trouve derrière l’indexe, mais elle n’entrera dans ce que le modèle sait de mémoire que lorsque DeepSeek entraînera un nouveau modèle sur des données plus récentes.
D’où DeepSeek tire ce qu’il sait d’une marque
EntraînementDeepSeek apprend ce qu’il sait d’une marque sur le web public, et la seule archive web qu’il nomme est Common Crawl. Son résumé des données de DeepSeek-V4 cite expressément Common Crawl et Stack Exchange, parmi plus de 10 000 milliards de tokens de texte d’entraînement, les tokens étant les unités en lesquelles un modèle découpe le texte.
Common Crawl est une fondation à but non lucratif qui explore le web et publie le résultat sous forme d’archive ouverte. Son archive d’août 2026, publiée le 24 août, contient 2,14 milliards de pages web issues de 33,1 millions de domaines enregistrés, explorées entre le 7 et le 20 août 2026.
Le robot de Common Crawl s’appelle CCBot et il respecte robots.txt : la fondation documente elle-même la règle qui le bloque. Un site qui bloque CCBot sort de cette archive et, avec elle, de l’une des sources sur lesquelles DeepSeek déclare s’entraîner.
Le résumé de DeepSeek-V4 précise que les données sont filtrées par qualité, dédupliquées et classées par langue avant l’entraînement. Pour une marque, cela veut dire qu’une page isolée pèse peu, et que ce qui compte, c’est que beaucoup de pages différentes disent la même chose d’elle.
Ce qui change parce que DeepSeek publie ses poids ouverts
Poids ouvertsDes poids ouverts signifient que d’autres entreprises font tourner DeepSeek dans leurs propres produits, et que ce DeepSeek en sait autant sur une marque que le jour de son entraînement. DeepSeek publie ses poids sous licence MIT, qui permet de les télécharger et de les déployer librement.
La portée est réelle. Sur Hugging Face, le dépôt public où DeepSeek publie ses modèles, DeepSeek-V4-Pro affichait 449 070 téléchargements sur le dernier mois au 29 septembre 2026. Amazon Bedrock, le service de modèles d’Amazon Web Services, proposait à cette date trois modèles de DeepSeek : V3.2, V3.1 et R1.
Pour une marque, la conséquence est une question de calendrier. Un produit qui fait tourner DeepSeek-V3.1 continue de répéter ce que ce modèle a appris, même si l’entreprise a changé depuis de nom, de prix ou d’offre. Ces déploiements ne se corrigent pas un par un ; seul le site se corrige, pour que le modèle suivant apprenne la bonne version.
Comment apparaître dans DeepSeek si vous vendez en Chine ou en Asie
Marché chinoisSi l’entreprise vend en Chine, ou à des clients qui posent leurs questions en chinois, une version chinoise de ses pages clés cesse d’être facultative. DeepSeek décrit ses données d’entraînement comme multilingues, avec une forte couverture du chinois et de l’anglais.
Une marque qui n’existe qu’en français ou en anglais est représentée en chinois par ce que d’autres ont écrit sur elle dans cette langue, si quelqu’un l’a fait. Traduire la page produit, la page de tarifs et la phrase de définition est le minimum pour que le modèle ait quelque chose de la marque elle-même à lire.
La politique de confidentialité de DeepSeek en chinois, datée du 10 février 2026, confirme que le mode recherche existe aussi sur ce marché. Elle ne dit pas non plus quel moteur se trouve derrière, donc la règle reste la même : être indexée dans les moteurs qu’utilise ce public.
Ce qu’on peut mesurer de la présence dans DeepSeek
MesureLa présence dans DeepSeek se mesure bien moins que dans les autres moteurs, et mieux vaut le savoir avant de confier ce travail à quiconque. DeepSeek ne propose aucun rapport aux propriétaires de sites, et sans le nom de son robot on ne peut pas non plus isoler ses passages dans les journaux du serveur.
Ce qu’on peut vérifier aujourd’hui sur la présence d’une marque dans DeepSeek :
- Ce que dit l’assistant de la marque quand on l’interroge sur sa catégorie, avec la recherche activée et désactivée. Les deux réponses mesurent les deux voies.
- Si le site laisse passer CCBot, et si le pare-feu le laisse passer aussi, pas seulement robots.txt.
- Quelles visites arrivent depuis le domaine de l’assistant de DeepSeek, dans une analytique web configurée pour isoler cette source.
- Ce que répondent les clients à la question « comment nous avez-vous trouvés ? », la seule attribution qui ne dépend d’aucun fournisseur.
Ce qu’on ne peut pas faire, c’est promettre un résultat attribuable. Quiconque promet une présence dans DeepSeek dans un délai donné promet quelque chose que même la documentation de DeepSeek ne permet pas de vérifier.
Pour aller plus loin
Savez-vous ce que DeepSeek dit de votre marque ?
DoGeo vérifie si votre site laisse entrer le robot dont DeepSeek apprend, si votre pare-feu l’arrête sans que personne ne l’ait décidé, et comment vous décrivent les sources qu’un modèle peut lire. Il faut quatre informations : votre nom, votre entreprise, votre site et un e-mail professionnel.
Comment apparaître dans DeepSeek étape par étape
Les quatre étapesQuatre étapes, dans cet ordre, qu’une entreprise peut demander à la personne qui gère son site et sa communication. Les deux premières sont techniques et ne dépendent que de l’entreprise ; les deux dernières sont lentes et dépendent aussi des autres.
Étape 1 : vérifier que robots.txt ne bloque pas CCBot
robots.txt est le fichier texte dans lequel un site indique à chaque robot ce qu’il peut télécharger. Common Crawl avertissait lui-même en août 2025 que beaucoup de professionnels du SEO bloquent CCBot sans le savoir, et ce blocage retire le site de l’archive qu’utilise DeepSeek. Le bloquer est légitime, mais cela doit être une décision, pas un héritage.
Étape 2 : vérifier le pare-feu, pas seulement robots.txt
Une règle anti-robots sur le CDN, le service qui distribue le site depuis des serveurs répartis dans le monde, peut arrêter un robot que robots.txt autorise. Comme DeepSeek ne publie ni le nom de son agent ni ses adresses IP, la seule chose vérifiable est que le site répond aux robots légitimes comme il répond à un navigateur.
Étape 3 : être bien indexée dans les moteurs généralistes
Le mode recherche de DeepSeek fonctionne avec des API de recherche tierces : une page qu’aucun moteur généraliste n’a indexée ne peut donc pas atteindre cette réponse. Ce qui aide ensuite est la même chose que dans n’importe quel moteur : la réponse en texte au début de chaque section, et les chiffres accompagnés de leur source.
Étape 4 : décrire la marque de la même façon partout
Une seule phrase qui dit ce que fait l’entreprise, pour qui et où, reprise mot pour mot sur son site, ses profils, les annuaires de son secteur et les forums comme Stack Exchange où l’entreprise intervient. Un modèle qui a lu beaucoup de descriptions semblables reprend celle-là ; un modèle qui en a lu beaucoup de différentes hésite.